04/03/09

LE BON, LA PUTE ET LE TRUAND

Ce matin j'apprends que Megan Fox pourrait rejoindre le casting jusqu'alors impeccable de Jonah Hex et j'en suis désappointé. Pour rappel la carrière de la "comédienne" se résume à son rôle dans les deux "Transformers", dans lesquels son cul est plutôt convaincant et c'est tout ce que Michael Bay lui demandait d'ailleurs. Stratégiquement parlant c'est judicieux : quel meilleur moyen d'attirer les spectateurs vers l'adaptation casse-gueule d'un comics méconnu que d'y mettre la plus bankable biatche du moment ? Tout porte à croire que la fille aura son shorty moulant et un gros flingue en prime. A ce moment précis, je te fous mon billet que l'incontournable gag de la bonasse qui chute malencontreusement et se retrouve à califourchon sur le chanceux héros figure dans le script. J'en lole d'avance.

VERDICT ?

27/02/09

LE PASTEUR TIRE TOUJOURS DEUX FOIS

Des polonais talentueux, y'en a plein. Copernic, Chopin, Roman Polanski ou encore Sidney Govou... des mecs qui comme tout le monde connaissent des hauts et des bas, à l'instar de leurs compatriotes de chez Techland. En se lançant dans une croisade insensée contre le piratage, les développeurs du FPS "Call of Juarez" créent le scandale en 2007 et passent un peu - il faut bien le dire - pour de sales petits rats. Sans doute déçus par le nombre de ventes de leur jeu, ils pointent du doigt le warez et dépêchent une intrépide avocate pour extorquer 400 euros à chaque supposé pirate, via une lettre de menace, peut-être bien rédigée avec des caractères découpés dans Femme Actuelle et Voici. Pwned, le contrevenant a deux solutions : raquer (en utilisant le RIB gracieusement joint au courrier) ou se taper un procès qu'on imagine dantesque et humiliant. Pour accomplir ce fumeux coup de filet, Techland fait appel à une société suisse - parce que la démarche est interdite en France - qui réclame les adresses IP aux FAI. Certains refusent, d'autres obtempèrent et balancent ainsi 5079 de leurs clients. Or, ces relevés sont effectués sans l'autorisation de la CNIL, Commission Nationale Informatique et Libertés. Aussi illégale que le téléchargement, la procédure est donc annulée par le Tribunal de grande instance de Paris, Techland est débouté, l'avocate est suspendue pour six mois et le tendon d'achille de Sidney Govou pète.

Globalement compissé par les joueurs, le jeu est pourtant tout à fait comestible. Rare représentant d'un genre trop peu adapté dans le monde vidéoludique, "Call of Juarez" remplit son contrat : satisfaire l'amateur de western en manque de shoot spaghetti depuis le culte et antique "Outlaws" de chez LucasArt. Les codes du genre sont exploités avec brio : ambiance solide, scénar efficace, persos charismatiques et dialogues qui font mouche. En fait, le titre est plombé par la deuxième face de son gameplay - axée infiltration - pas totalement désagréable mais tout de suite moins convaincante que les phases défouraille du révérend Ray, phases par ailleurs un poil ternies par une interprétation maladroite du bullet time et une bonne idée de duels bien mal exploitée. Whatever, le plaisir de dessouder du cocksucker tout en prêchant la Bonne Parole l'emporte sur les quelques déceptions du gamer pointilleux. Ce fut en tout cas mon cas. Après avoir consciencieusement torché le solo, j'enfonçai le clou en perdant un paquet d'heures sur le multi, totalement dérisoire à l'heure des blockbusters Valvesques, sans prétention mais jouable et carré à l'époque.

Tout ce foin pour dire que j'accueille la nouvelle d'un deuxième opus - annoncé pour cet été par Ubisoft - avec la quiète satisfaction du crotale guettant du coin de l'œil la gerbille qui s'avance en sifflotant comme une sotte. Cette préquelle nous permettra de vivre la jeunesse tourmentée du fameux révérend Ray McCall et de son frangin dont on se contrefout. Sur le site officiel on peut lire le pitch sans intérêt et regarder une première vidéo assez naze. Plutôt prometteur donc, le titre devrait assurer son quota de gunfights burnés tout en gommant les défauts de son prédécesseur. Si ce n'est pas le cas, on pourra toujours se consoler en découvrant les nouvelles méthodes anti-pirates des avocats de Techland, à base de kidnapping et de doigt coupé dans une enveloppe peut-être.

VERDICT ?

15/02/09

DELIT DE SALE GUEULE

T'aimerais pas croiser Jonah Hex le soir au fond d'un canyon. L'homme, chasseur de têtes, trimballe son faciès hachis parmentier et son uniforme de confédéré dans tout l'Ouest, en quête de vengeance et de rédemption, et peut-être aussi d'un chirurgien réparateur valable. Toujours est-il qu'on le dit impitoyable et cynique, comme un Eastwood période "High Plains Drifter". Là où il passe, la poudre cause et le sang coule. Il apparaît pour la première fois en 1972 dans All-Star Westerns publié par DC Comics, sous les plumes de John Albano et Tony DeZuniga. Le gars devient tellement populaire qu'on lui consacre une série. Bien plus tard dans une nouvelle version, il fricote avec le fantastique, se téléporte dans un monde post-apo dans une autre.

Honte à moi, je ne connaissais pas Jonah Hex - le comics - avant d'avoir entendu parler de son projet d'adaptation cinoche. Sur le papelard le film est comme son héros : il a de la gueule.
Tout commence avec les deux responsables de "Crank", quintessence du film d'action idiot, qui griffonnent au coin d'une feuille de PQ un script mêlant western et surnaturel. On imagine la chose fnu (dans la veine de "The Quick and the Dead" sans doute) mais pourrave quand même. Placid & Muzo Neveldine & Taylor en tout cas croient en leur scénar et projettent de le mettre en images.
Über motivé pour incarner le cowboy à double face, Thomas Jane se grime aussitôt comme un con pour convaincre les studios Warner. Lesquels l'envoient bouler sans lui rembourser les frais make-up pour lui préférer le coolissime et très en vogue Josh Brolin. Aussi cool soit-il, Josh n'aime pas le script, ni ses auteurs d'ailleurs. Pour les producteurs, les réals talentueux ça court les rues ; les Josh Brolin non. Le duo est évincé, remplacé au pied levé par Jimmy Hayward, faiseur du film d'animation "Horton, l'éléphanteau trisomique" ou quelque chose comme ça. John Malkovitch rejoint le casting dans la peau d'un vilain au nom rigolo, Quentin Turnbull.

On parle d'un début de tournage en avril pour une sortie en 2010. Avec de tels ingrédients, difficile d'imaginer le goût qu'aura la soupe. J'aurais souhaité un western âpre et violent centré sur l'errance sanglante d'un héros complexe. Selon toute vraisemblance, j'aurai plutôt droit à une indigeste salade de ses digressions les plus baroques au pays des indiens zombies.

VERDICT ?