22/07/09

VIVEMENT L'HIVER

J'en menais déjà pas large, à piaffer d'impatience des semaines après l'annonce de la future série phare de Home Box Office, guettant le moindre bout de rumeur chez Winter Is Coming. Pensez donc, la transposition sur petit écran d'une puissante saga médiévale-fantastique par les producteurs des non moins mythiques "Deadwood" et "Rome". Violence, complots, sexe, morts brutales, coup de latte dans les codes d'un genre séculaire. Tant de points communs avec le roman-fleuve "A Song Of Ice And Fire" de G. R. R. Martin que ça en tombe sous le sens. Difficile, bien que le show n'en soit qu'au stade embryonnaire, de miser sur sa longévité, quand on voit l'ambition du truc et le destin funeste des séries sus-citées. Bah, c'est pas le moment de faire le rabat-joie. Les premiers visages émergent, plus ou moins connus : Tyrion, Jon Snow, Viserys, Joffrey, Robert. Et puis celui du Seigneur de Winterfell, Eddard de la Maison Stark, sous les traits de Sean "Boromir" Bean. Pas trop le physique de l'emploi au premier abord, mais dude, c'est juste un putain d'acteur qui à n'en point douter transcendera comme si de rien n'était le personnage de Ned Stark, unique Loyal Bon de ce tortueux foutoir. C'est donc officiel : le "Game of Thrones" sauce HBO sera une bon dieu de tuerie pure et simple. J'aimerais pouvoir en dire autant de la future adaptation en jeux vidéo par Cyanide.

20/07/09

GROS CALIBRES & POUDRE AUX YEUX

God damn ! Me revoilà contraint - via une pertinente parabole - d'évoquer Megan Fox dans un billet, alors que soyons clair, la brune pin-up roule sur les rails de mon indifférence. De rails il est question justement, puisque derrière ses atours de FPS western next-gen, "Call of Juarez : Bound in Blood" planque les attributs malingres d'un putain de rail shooter pour demeurés. D'un côté l'intrinsèque vacuité d'une poseuse arrachée à une toile de Boris Vallejo ; de l'autre celle d'une petite mascarade vidéoludique servie par un moteur clinquant.

C'est pas comme si ça avait mal commencé. La suite du sympathique jeu de Techland est une petite bombasse visuelle portée par le Chrome Engine 4. Mieux, le toutim semble soigneusement optimisé, rien à voir avec l'ancêtre qui faisait flancher des bécanes solides. Ça fume, pète et crache avec conviction dans de purs décors emblématiques du genre, lumineux et foisonnants. La couille dans le chili, c'est qu'on ne te laisse pas le temps de les apprécier. A la trappe, les pauses contemplatives de "Call of Juarez" premier du nom. On est pas là pour reluquer les sapins. Dès les premières secondes le joueur est plongé dans une débauche d'action crasse ponctuée d'explosions. Dirigiste et ultra scriptée. Vomitive comme du Michael Bay. Et le trip specta-culeur se répète de chapitre en chapitre jusqu'à l'écœurement. Couloir, caisse, couloir, position à défendre, vagues d'ennemis à faucher avec ce qui te tombe sous les paluches (gatling, canon, lance-tapas à fragmentation), rail. Ces dernières séquences sont les pires. Arroser des poursuivants le cul vissé sur une diligence, c'est pas ringard c'est juste antédiluvien. Au bout de ce genre de calvaire, pour faire bonne figure, les développeurs ont posé une ou deux "zones ouvertes" avec quelques missions libres. Anecdotique et frustrant, parce que ce genre de gameplay développé comme il se doit aurait donné une toute autre came, bon sang.

Si c'était là le pire, je recueillerais ma bile dans un flacon et je continuerais à jouer en savourant l'ambiance burnée du soft. Mais ces cocksuckers de chez Techland, non contents de m'asséner un coup de crosse dans la nuque pour me foutre à terre, s'acharnent sur ma carcasse à coup de tiags dans les phalanges en intégrant à cette version PC un scandaleux système d'auto-aim propre aux consoles et non-désactivable. Une aide à la visée avec verrouillage automatique opportune pour une pratique au pad, mais qui rend l'expérience au combo clavier/souris littéralement injouable.
Je zappe le système de couverture - automatique aussi - mais tout de même plus digeste, ainsi que le bullet time merdique, pour terminer dans un râle sur le concept des duels. Bancal dans l'opus précédent, le mini-jeu est ici plus pénible qu'un déjeuner dominical chez les beaux-parents.

Reste le multi, jouable quand les quelques serveurs ne déconnent pas à plein tubes, nettement plus enthousiasmant que son pendant solitaire. Entre deux frags au canon scié, parfois, je me surprends à admirer un bout de décor, quitte à me faire plomber comme le premier des pied-tendres, ouais. Et puis je rumine. Crap, mon jeu western ultime n'est pas encore né.

04/03/09

LE BON, LA PUTE ET LE TRUAND

Ce matin j'apprends que Megan Fox pourrait rejoindre le casting jusqu'alors impeccable de Jonah Hex et j'en suis désappointé. Pour rappel la carrière de la "comédienne" se résume à son rôle dans les deux "Transformers", dans lesquels son cul est plutôt convaincant et c'est tout ce que Michael Bay lui demandait d'ailleurs. Stratégiquement parlant c'est judicieux : quel meilleur moyen d'attirer les spectateurs vers l'adaptation casse-gueule d'un comics méconnu que d'y mettre la plus bankable biatche du moment ? Tout porte à croire que la fille aura son shorty moulant et un gros flingue en prime. A ce moment précis, je te fous mon billet que l'incontournable gag de la bonasse qui chute malencontreusement et se retrouve à califourchon sur le chanceux héros figure dans le script. J'en lole d'avance.

27/02/09

LE PASTEUR TIRE TOUJOURS DEUX FOIS

Des polonais talentueux, y'en a plein. Copernic, Chopin, Roman Polanski ou encore Sidney Govou... des mecs qui comme tout le monde connaissent des hauts et des bas, à l'instar de leurs compatriotes de chez Techland. En se lançant dans une croisade insensée contre le piratage, les développeurs du FPS "Call of Juarez" créent le scandale en 2007 et passent un peu - il faut bien le dire - pour de sales petits rats. Sans doute déçus par le nombre de ventes de leur jeu, ils pointent du doigt le warez et dépêchent une intrépide avocate pour extorquer 400 euros à chaque supposé pirate, via une lettre de menace, peut-être bien rédigée avec des caractères découpés dans Femme Actuelle et Voici. Pwned, le contrevenant a deux solutions : raquer (en utilisant le RIB gracieusement joint au courrier) ou se taper un procès qu'on imagine dantesque et humiliant. Pour accomplir ce fumeux coup de filet, Techland fait appel à une société suisse - parce que la démarche est interdite en France - qui réclame les adresses IP aux FAI. Certains refusent, d'autres obtempèrent et balancent ainsi 5079 de leurs clients. Or, ces relevés sont effectués sans l'autorisation de la CNIL, Commission Nationale Informatique et Libertés. Aussi illégale que le téléchargement, la procédure est donc annulée par le Tribunal de grande instance de Paris, Techland est débouté, l'avocate est suspendue pour six mois et le tendon d'achille de Sidney Govou pète.

Globalement compissé par les joueurs, le jeu est pourtant tout à fait comestible. Rare représentant d'un genre trop peu adapté dans le monde vidéoludique, "Call of Juarez" remplit son contrat : satisfaire l'amateur de western en manque de shoot spaghetti depuis le culte et antique "Outlaws" de chez LucasArt. Les codes du genre sont exploités avec brio : ambiance solide, scénar efficace, persos charismatiques et dialogues qui font mouche. En fait, le titre est plombé par la deuxième face de son gameplay - axée infiltration - pas totalement désagréable mais tout de suite moins convaincante que les phases défouraille du révérend Ray, phases par ailleurs un poil ternies par une interprétation maladroite du bullet time et une bonne idée de duels bien mal exploitée. Whatever, le plaisir de dessouder du cocksucker tout en prêchant la Bonne Parole l'emporte sur les quelques déceptions du gamer pointilleux. Ce fut en tout cas mon cas. Après avoir consciencieusement torché le solo, j'enfonçai le clou en perdant un paquet d'heures sur le multi, totalement dérisoire à l'heure des blockbusters Valvesques, sans prétention mais jouable et carré à l'époque.

Tout ce foin pour dire que j'accueille la nouvelle d'un deuxième opus - annoncé pour cet été par Ubisoft - avec la quiète satisfaction du crotale guettant du coin de l'œil la gerbille qui s'avance en sifflotant comme une sotte. Cette préquelle nous permettra de vivre la jeunesse tourmentée du fameux révérend Ray McCall et de son frangin dont on se contrefout. Sur le site officiel on peut lire le pitch sans intérêt et regarder une première vidéo assez naze. Plutôt prometteur donc, le titre devrait assurer son quota de gunfights burnés tout en gommant les défauts de son prédécesseur. Si ce n'est pas le cas, on pourra toujours se consoler en découvrant les nouvelles méthodes anti-pirates des avocats de Techland, à base de kidnapping et de doigt coupé dans une enveloppe peut-être.

15/02/09

DELIT DE SALE GUEULE

T'aimerais pas croiser Jonah Hex le soir au fond d'un canyon. L'homme, chasseur de têtes, trimballe son faciès hachis parmentier et son uniforme de confédéré dans tout l'Ouest, en quête de vengeance et de rédemption, et peut-être aussi d'un chirurgien réparateur valable. Toujours est-il qu'on le dit impitoyable et cynique, comme un Eastwood période "High Plains Drifter". Là où il passe, la poudre cause et le sang coule. Il apparaît pour la première fois en 1972 dans All-Star Westerns publié par DC Comics, sous les plumes de John Albano et Tony DeZuniga. Le gars devient tellement populaire qu'on lui consacre une série. Bien plus tard dans une nouvelle version, il fricote avec le fantastique, se téléporte dans un monde post-apo dans une autre.

Honte à moi, je ne connaissais pas Jonah Hex - le comics - avant d'avoir entendu parler de son projet d'adaptation cinoche. Sur le papelard le film est comme son héros : il a de la gueule.
Tout commence avec les deux responsables de "Crank", quintessence du film d'action idiot, qui griffonnent au coin d'une feuille de PQ un script mêlant western et surnaturel. On imagine la chose fnu (dans la veine de "The Quick and the Dead" sans doute) mais pourrave quand même. Placid & Muzo Neveldine & Taylor en tout cas croient en leur scénar et projettent de le mettre en images.
Über motivé pour incarner le cowboy à double face, Thomas Jane se grime aussitôt comme un con pour convaincre les studios Warner. Lesquels l'envoient bouler sans lui rembourser les frais make-up pour lui préférer le coolissime et très en vogue Josh Brolin. Aussi cool soit-il, Josh n'aime pas le script, ni ses auteurs d'ailleurs. Pour les producteurs, les réals talentueux ça court les rues ; les Josh Brolin non. Le duo est évincé, remplacé au pied levé par Jimmy Hayward, faiseur du film d'animation "Horton, l'éléphanteau trisomique" ou quelque chose comme ça. John Malkovitch rejoint le casting dans la peau d'un vilain au nom rigolo, Quentin Turnbull.

On parle d'un début de tournage en avril pour une sortie en 2010. Avec de tels ingrédients, difficile d'imaginer le goût qu'aura la soupe. J'aurais souhaité un western âpre et violent centré sur l'errance sanglante d'un héros complexe. Selon toute vraisemblance, j'aurai plutôt droit à une indigeste salade de ses digressions les plus baroques au pays des indiens zombies.